« Stradivaria est ensemble d'une parfaite homogénéité, à la diction parfaite, au phrasé soigné, aux timbres transparents. [...] Stradivaria nous a proposé plus qu’il nous a imposé, suggéré plus qu’il n’a dicté, montré plus qu’il n’a démontré. Et ce faisant, il nous a rendu entièrement réceptif, ouvert sur nos propres sensations, libre de faire du chemin en nous.
La musique au-delà de la musique... »
Gérard Abrial – www.easyclassic.com, 26/07/07
Lorsqu’en 1987, Daniel Cuiller, animé du désir de renouer avec la musique des grands compositeurs de l'époque baroque - Purcell, Lulli, Rameau, Bach – prend la direction de l’ensemble Stradivaria, il est loin de se douter du formidable succès qu’il connaîtra et de la réputation de premier plan qu’il défendra au niveau international. Cette formation dont la composition varie en fonction du répertoire, réunit des membres toujours choisis en raison de leur spécialisation, de leur engagement dans la recherche musicale, et de la grande qualité de l’instrument dont ils jouent. A cette triple exigence de Daniel Cuiller répondent des musiciens qui connaissent le type d’écoute qui est la sienne, sa manière d'aborder la musique, le son qu’il attend d’eux.
Ce travail en profondeur de chacun des interprètes fait que l’on parle maintenant du «son Stradivaria », ce son riche, brillant, vivant, emprunt de tendresse et de poésie que l'on reconnaît immédiatement Un son en quelque sorte retrouvé, au service de la musique baroque, que les interprétations des décennies précédentes avaient alourdi, épaissi, influencées par les critères musicaux du romantisme et du XIXe siècle. Stradivaria, c’est d'abord un répertoire pour cordes, qui s’étend de la sonate depuis les années 1630 aux concertos de l’école vénitienne du XVIIIe siècle. Avec le baroque comme référence stylistique, son domaine de prédilection, l’ensemble n’hésite cependant pas pour certains projets à étendre son répertoire à la musique classique ou romantique. A l’occasion du 250e anniversaire de la naissance de W.A. Mozart, Stradivaria s’est associé au chœur Arsys Bourgogne, dirigé par Pierre Cao. Cette co-production autour du Requiem de Mozart a été présentée, notamment,aux publics des Festivals d’Uzès, de Lessay, de Vézelay, de Pontoise et d’Ambronay.
L’ensemble Stradivaria parcourt de nombreuses scènes dans le monde et se joint à de grandes productions lyriques. Pour les 20 ans de Stradivaria, l’ensemble a présenté à son fidèle public nantais, pour la première fois depuis 1771, l’opéra Pirame et Thisbé de Messieurs Rebel et Francoeur (production Angers Nantes Opéra). Un disque de cette re- création paraîtra au second trimestre 2008 (label Mirare). Qu'il dirige ses musiciens en formation des vingt-quatre violons du Roi, réunis en orchestre d'Opéra ou qu'il les retrouve dans l'intimité de la musique de chambre, c’est toujours le
même attachement à la qualité du langage musical qui inspire Daniel Cuiller.
« C’était en 1978. Je ne savais pas grand chose du violon baroque lorsque ma route a croisé celle de Sigiswald Kuijken dont j’ai reçu quelques leçons qui m’ont ouvert les yeux et les oreilles. Tout avait l’air si naturel, si évident : c’est comme si la partition elle-même se mettait à danser, à chanter et à parler. »
Peu après Kuijken, Daniel Cuiller rencontre William Christie, qui lui confie le gouvernement de ses cordes. Mémorables saisons. Mais en 1985 le violoniste quitte Paris pour Nantes : adieu « Arts Flo » ! [... ] Après l’anniversaire de Rameau en 1983, ceux de Bach et Haendel en 1985, sonne l’heure de Lully. La France moderne se réveille baroque. « Tout cela était, et reste, modeste. Mais nous sentions que l’ensemble devenait une nécessité. Nous avions le répertoire, la curiosité, l’envie, les moyens techniques, le public » [...]
Le violon. Tout est là, et c’est en son nom que l’orchestre a été baptisé : Stradivaria. « Il y a eu beaucoup de remises en question ces dernières années : on a vu apparaître des styles de jeu opposés à ce que nous ont appris les maîtres baroques, en France comme en Italie. Pour ma part, je reste fidèle à ce que m’a apporté Kuijken. Dans chaque pupitre, nous avons travaillé en profondeur le phrasé, la tenue d’archet, la position de l’instrument, l’homogénéité du son, de l’accent. Et, comme je suis professeur, le groupe a intégré peu à peu des éléments formés à la même école. Je crois pouvoir dire aujourd’hui qu’un labeur continu nous a permis d’acquérir un véritable son d’ensemble. »
Ivan A. Alexandre – Diapason, Juillet/Août 2003
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