L'édito du Directeur Artistique
Entrer dans La Chapelle de la Trinité, c'est ressentir intensément l'émotion de la musique baroque, car si les murs ont parfois des oreilles, ils ont assurément une âme, presque une voix (1)… Pour rendre justice à plus de 150 ans de création musicale (1600–1770) qui, de Monteverdi à Jean-Sébastien Bach, ont embrasé l'Europe, il faut un cadre, une acoustique, en un mot un écrin !
Il n'est cependant pas question de sacraliser une vision figée de la musique baroque. En faisant preuve tout au contraire d'une audace sans cesse renouvelée dans l'approche de ces pages, il apparaît que l'Homme des XVIIème et XVIIème siècles est étonnamment proche de notre sensibilité. Qui n'a pas ressenti la fureur ou le désespoir de Cléopâtre à l'écoute d'une admirable Aria de Haendel, la douleur du Christ lors d'une « théâtrale » Passion de Bach, un sentiment d'extase provoqué par un Air de Vivaldi,… ?
Est-ce seulement ces harmonieuses affinités qui nous font éprouver la même jubilation à chaque ouverture de Saison, à la première note de chaque représentation ?
Sans doute, même si la réponse se trouve aussi dans la distribution internationale de cette nouvelle Saison Baroque 2011/12, qui compte les chanteurs, Philippe Jaroussky, Patricia Petibon, Andreas Scholl, Marie-Nicole Lemieux, Karina Gauvin,… les chefs, Christophe Prégardien, Jean Tubéry, Martin Gester, Sébastien d'Hérin, Alan Curtis, Rinaldo Alessandrini, Christina Pluhar,… Les Ensembles, La Fenice, Doulce Mémoire, Il Complesso Barocco, Le Parlement de Musique, Venice Baroque Orchestra, Concerto Köln, L'Arpeggiatta, Nederlands Kamerkoor, Le Concert Lorrain, Concerto Italiano, Akadêmia, Arte dei Sonatori, Les Musiciens de Saint-Julien,…
Comment, dès lors, ne pas être impatient d'entendre le triptyque consacré à Henry Purcell (Ode à Sainte-Cécile, Fairy Queen, Don Quixote), Jules César et Le Messie, deux facettes du génie de Haendel, les récitals de Philippe Jaroussky et de Patricia Petibon, la sublime Passion selon Saint-Jean de Bach, les musiques anciennes d'Ecosse, le Concerto de Noël de Corelli, les sonates pour traverso et clavecin de la famille Bach, la Missa Brevis de Michael Haydn, sans oublier de déguster - musicalement - les Fricassées lyonnaises, et - à table - la fameuse Poule au Pot !
Lyon, le 5 septembre 2011
Eric DESNOUES
Directeur Artistique
La Chapelle de la Trinité
Festival de Musique Baroque
de Lyon
(1) La Chapelle de la Trinité a été durant le XVIIIème siècle le « Concert Spirituel » lyonnais où l'on donnait le Grand Motet à la française.
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